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Pour un New Deal européen – Liberation

Published by Anonymous (not verified) on Thu, 14/03/2019 - 8:01pm in

A l’approche des élections européennes, le Printemps européen, coalition transnationale de partis de gauche, présente un programme social et écologique pour dépasser le clivage entre populistes et libéraux. Avec des propositions concrètes : plan de transition écologique de 500 milliards d’euros annuels, Assemblée constituante, fonds citoyen financé par les Gafa…

 Yánis Varoufákis pour un New Deal européen

Tribune. L’Union européenne se fracture au moment précis où les Européens ont le plus besoin d’elle. Emmanuel Macron a raison de le souligner. Il a tort, en revanche, de soutenir une stratégie décidée au plus haut niveau, dépourvue de crédibilité, qui méconnaît la précarité sociale et renforce la technocratie de l’Union européenne au lieu d’exiger d’elle une responsabilité démocratique. Le programme d’Emmanuel Macron est porteur d’un réel danger : celui d’aggraver l’insatisfaction nourrissant l’extrême droite à laquelle il prétend s’opposer, en déléguant le renouveau de l’Europe à ses hauts fonctionnaires. Tout agenda de réforme du projet européen doit remplir trois conditions.

Tout d’abord un programme clair établissant des mesures possibles dès demain pour améliorer la vie du plus grand nombre sur le continent, dans le cadre des règles et des institutions existantes. Deuxièmement, que les Européens aient le sentiment de reprendre le contrôle de leur vie, de leurs villes, de leur pays, de ce qui est vraiment leur Europe, en participant à l’élaboration de ce programme. Enfin, une vision à long terme pour une Union démocratique offrant une prospérité partagée et écologiquement soutenable. Pour écrire ce programme, nous avons travaillé avec des centaines de militants et de représentants de la société civile. Il s’intitule «Un New Deal pour l’Europe». Le Printemps européen, coalition transnationale de partis de gauche rassemblés par Diem 25 (le Mouvement pour la démocratie en Europe 2025), le soumettra au vote lors des élections européennes de mai à travers l’ensemble du continent.

Une nouvelle approche politique transnationale

Les groupes politiques du Parlement européen sont aujourd’hui des alliances opportunistes de convenance, composées de forces disparates sans agenda cohérent pour l’Europe. La droite traditionnelle est déchirée entre les modérés tels qu’Angela Merkel et les xénophobes récalcitrants à l’image de Viktor Orbán. Les sociaux-démocrates, qui ont joué un rôle central dans la détérioration de l’Europe au cours des dernières décennies, tentent de tourner le dos à leurs programmes d’austérité mais se laissent entraîner vers une disparition dans les urnes par le premier vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans – un faucon de l’orthodoxie monétaire. Le Parti de la gauche européenne est tiraillé entre factions qui s’opposent farouchement sur l’immigration, l’euro ou leur vision de l’Europe. Les verts européens se divisent sur la politique fiscale comme sur le financement du programme de transition écologique.

Ce qui a réuni le Printemps européen, c’est une tout autre approche de la politique. En mai 2017, nous avons invité les mouvements progressistes européens à dialoguer sur les solutions à apporter aux cinq crises de l’Europe : investissement ridiculement faible dans la transition écologique, montée de la précarité, crise bancaire, niveau himalayen des dettes publiques justifiant les politiques d’austérité et, aussi et surtout, le mépris profond des procédures démocratiques affiché par les centres de décision de l’Union européenne.

A partir de ces échanges, le Printemps européen s’est constitué comme une coalition transnationale et paneuropéenne, véhicule électoral qui présentera notre New Deal aux électeurs en mai dans au moins dix pays. A partir de la vision partagée des défis de l’Union qui nous rassemblait, nous avons invité les citoyens de toute l’Europe à élaborer les politiques permettant de les relever. Notre New Deal pour l’Europe en est le produit : un programme bâti sur 12 piliers, proposant 90 mesures concrètes, adaptées aux besoins des travailleurs, et qui, entre autres, consacrent les droits des femmes et renforcent les initiatives locales.

Le New Deal, germe d’un printemps européen

Que proposons-nous, dès demain, dans le cadre des règles existantes ? En voici quelques exemples. Notre première action, fondamentale, sera de mobiliser 500 milliards d’euros chaque année pour financer un programme de transition écologique européen, pourvoyeur d’emplois qualifiés, sans lever de nouveaux impôts. Comment faire ? Grâce à l’émission d’obligations à hauteur de cette somme par la Banque publique d’investissement et une garantie d’achat par la Banque centrale européenne sur le marché des obligations secondaires – ce que la BCE pratique déjà. Simultanément, les taux d’intérêt applicables aux Etats membres de la zone euro pour leur dette publique autorisée (soit 60 % de leur PIB) seront réduits au niveau des taux débiteurs de la BCE, avec la garantie de cette dernière (mais sans rachat de dette de sa part). Cela réduira drastiquement la dette publique de la zone euro d’environ 3 billions d’euros (soit trois milliards de milliards d’euros), et rendra obsolète l’argumentation en faveur de politiques d’austérité renforcées.

Troisième mesure : nous annoncerons un programme de solidarité pour réorienter les profits des banques centrales européennes – à commencer par la BCE – vers un fonds dédié à la lutte contre la pauvreté.

Notre quatrième action sera la création d’un fonds citoyen où les Gafami (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft et IBM) et les multinationales seront énergiquement incités à donner un pourcentage de leurs actions afin de verser un dividende universel de base, en contrepartie des contributions massives de la société civile à leur capital social. En outre, un pacte pour les travailleurs veillera à l’harmonisation des droits, des salaires et des avantages des travailleurs à travers l’Europe.

La seule annonce de ces mesures est à même de modifier le climat politique de l’Europe et d’inverser la marée réactionnaire. Convaincu que les concessions aux xénophobes sont la pire manière de combattre la xénophobie, le Printemps européen propose de mettre à bas la «forteresse Europe», d’en finir avec l’externalisation des frontières de l’UE et d’instaurer une Opération européenne de recherche et de sauvetage engageant l’UE à ce qu’il n’y ait aucun mort en Méditerranée.

Mais le New Deal n’est pas réductible à de grandes idées ambitieuses à l’échelle de l’Europe. Son objectif n’est pas la centralisation accrue de pouvoirs aux mains d’institutions européennes non élues. Il propose au contraire un programme de réformes renforçant la démocratie à tous les niveaux. Nous proposons par exemple une série de règles sur la transparence permettant d’ouvrir au public la «boîte noire» des institutions européennes, à Bruxelles. Autre mesure : le renforcement des cours constitutionnelles dans les Etats membres, avec un organe de surveillance indépendant chargé d’enquêter sur les violations des droits humains. Au niveau local, nous souhaitons réformer le droit européen de la concurrence et les directives sur les services pour une autonomie accrue des collectivités locales.

Cet agenda, porteur d’une nouvelle légitimité pour le projet européen, permettra aux citoyens d’amorcer le débat sur le type de gouvernance européenne qu’ils souhaitent à long terme. Le système des traités – qu’Emmanuel Macron laisserait inchangés – est le pilier du déficit démocratique de l’UE. Le Printemps européen entend mobiliser les citoyens d’Europe au sein d’une Assemblée constituante pour élaborer une nouvelle constitution qui pourra, enfin, assurer une légitimité démocratique à l’Union européenne.

Pour notre Europe, contre cette Europe

Le récit dominant des prochaines élections oppose deux camps : proeuropéens contre europhobes, Emmanuel Macron contre Matteo Salvini, ou les «faux prophètes» contre les «patriotes européens». Un récit qui transforme des alliés objectifs en ennemis. Les figures incarnant l’institution, telles qu’Emmanuel Macron, ont désespérément besoin d’un croque-mitaine populiste pour rallier les électeurs derrière des politiques en échec. Besoin partagé par des nationalistes tels que Salvini auxquels la technostructure européenne permet de s’afficher en dignes rebelles. Populistes et dignitaires politiques s’entraînent mutuellement dans une danse fatale tandis que l’Europe continue à se désintégrer.

La seule issue à cette impasse est d’offrir une véritable alternative au choix qui s’offre aux Européens aujourd’hui. L’Union européenne s’appuie sur sa structure institutionnelle byzantine pour inhiber notre imagination : l’idée qu’«il n’y a pas d’alternative» à ce statu quo en échec essaime sur tout le continent depuis Bruxelles.

L’objectif de notre mouvement est de redonner confiance aux Européens : c’est à nous de reconstruire l’Europe. Autrement dit, nous refusons de nous inscrire dans la dichotomie entre forces dites proeuropéennes et antieuropéennes. Nous sommes pour notre Europe, contre cette Europe.

Les crises de l’Europe – économiques, sociales, politiques et écologiques – ont toutes une portée transnationale. Aucun pays ne peut mettre fin à l’évasion fiscale ni lutter seul contre le changement climatique. L’ancien modèle politique européen – des partis nationaux formant des coalitions de convenance – apparaît au mieux anachronique, au pire réactionnaire.

C’est la raison de notre construction d’un mouvement transnational et de notre invitation lancée à toutes les forces progressistes à faire front commun pour exiger un New Deal pour l’Europe. Les portes de notre coalition restent ouvertes à tous ceux qui partagent notre vision d’une Europe démocratique, durable, prospère et pacifique.

En France, le programme du Printemps européen est porté par Démocratie en Europe ou DémE (aile électorale de DiEM25 en France), Génération·s et Nouvelle Donne.

Traduit par Valérie de Saint-Do.

Yánis Varoufákis ancien ministre grec de l’Economie, du mouvement transnational DiEM25 (diem25.org) , David Adler chercheur en sciences politiques, coordinateur du programme du Printemps européen

https://www.liberation.fr/debats/2019/03/11/pour-un-new-deal-europeen_17...

Our Plan for a European Spring | DiEM25

Published by Anonymous (not verified) on Thu, 07/03/2019 - 7:16pm in

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The 2008 global financial crisis — the modern 1929 crash — set off a vicious chain reaction across Europe. By 2010 it had irreparably damaged the foundations of the eurozone, causing the establishment to bend its own rules and commit crimes against logic in order to bail out its banker friends. By 2013 the neoliberal ideology that had legitimised the EU’s oligarchic technocracy had plunged millions into misery, even through the enactment of official policies: socialism for the financiers and harsh austerity for the many. These policies were practised as much by conservatives as by social democrats. By 2015 the surrender of the Syriza government in Greece had divided and disheartened the left, robbing Europe of the short-lived hope that progressives rising up in the streets would alter the balance of power.

Since then, anger has combined with hopelessness to create a vacuum, soon filled by the organised misanthropy of a Nationalist International triumphing across Europe, and making Donald Trump a very happy man. Against the background of an establishment that increasingly resembles the unhappy Weimar Republic, and of the recalcitrant racists produced by the crisis’s deflationary forces, the European Union is fragmenting. With Angela Merkel on the way out and Emmanuel Macron’s European agenda dead on arrival, the European election in May could prove the last chance progressives have to make a difference at a pan-European level.

Since it was created in 2016, DiEM25 (Democracy in Europe Movement 2025) has resolved to make the most of this opportunity. First we prepared our programme, the New Deal for Europe. Then we invited other movements and parties to help develop it and to create, together, our European Spring — the first transnational list pursuing a common policy agenda across Europe. Before discussing this project, the left must address two issues dividing and weakening progressives across Europe: borders and the EU.

Borders vs free movement

Something very odd has been happening in recent years: many on the left have come to view open borders as bad for the working class. Jean-Luc Mélenchon of La France Insoumise has said several times, ‘I’ve never been in favour of freedom of arrival.’ In a speech on posted workers at the European Parliament in July 2016, he said migrants were ‘taking the bread out of the mouths’ of French workers. He has since regretted this statement, though his views on the impact of migration on French wages have not changed.

This is not new. In 1907 Morris Hillquit, the founder of the Socialist Party of America, tabled a resolution to end ‘the wilful importation of cheap foreign labour’, arguing that migrants were a ‘pool of unconscious strike-breakers’. What is new is that much of the left seems to have forgotten Lenin’s fierce reaction in 1915 to Hillquit’s call for curbs on migration: ‘We think that one cannot be internationalist and be at the same time in favour of such restrictions … Such socialists are in reality jingoists.’

Lenin had provided the context in an article on 29 October 1913: ‘There can be no doubt that dire poverty alone compels people to abandon their native land, and that the capitalists exploit the immigrant workers in the most shameless manner. But only reactionaries can shut their eyes to the progressive significance of this modern migration of nations … capitalism is drawing the masses of the working people of the whole world … breaking down national barriers and prejudices, uniting workers from all countries.’

Only reactionaries can shut their eyes to the progressive significance of this modern migration of nationsLenin

DiEM25 adopts Lenin’s apt analysis: walls that curb the free movement of people and goods are a reactionary response to capitalism. The socialist response is to bring down the walls and allow capitalism to undermine itself, while we organise transnational resistance to capitalist exploitation everywhere. It is not migrants who steal the jobs of native workers but governmental austerity, which is part of the class war waged on behalf of the domestic bourgeoisie.

This is why we are adamant that xenophobia-lite must never be allowed to contaminate our agenda. As my friend Slavoj Žižek says, a leftist nationalism is a cruel and inane response to National Socialism. So DiEM25’s position on newcomers is that we refuse to differentiate between migrants and refugees. And we call upon Europe to #LetThemIn.

The left’s best strategy

Comrades from across Europe call us utopian and say the EU cannot be reformed. They may well be right. So for argument’s sake, let us agree that the EU is unreformable. Is progressives’ best response to adopt Lexit (the leftwing campaign for the controlled disintegration of the EU)? Some of my happiest memories are of addressing large audiences in Germany in 2015, soon after Syriza’s surrender to Angela Merkel and the troika (the International Monetary Fund, European Central Bank and European Commission). They were desperate to convey that what had been done to Greece had not been done in their name, the name of the German people. I remember how relieved they were on hearing the DiEM25 call to form one transnational movement, to unify, to fight together, to seize control of EU institutions — European Investment Bank (EIB), ECB etc — and re-deploy them in the interests of all Europeans.

I still feel the elation of our German comrades on hearing our idea to run Greek candidates in Germany and German candidates in Greece to signify that our movement is transnational, that it intends to take over the neoliberal order’s institutions everywhere and at once, not to wreck them but to make them work for the many, in Brussels, Berlin, Athens, Paris. Everywhere.

Compare this with how they would have felt had I told them that the EU was unreformable and must be disbanded; that Greeks must fall back to their nation state and try to build socialism there, while Germans did the same. Once we succeeded, our delegations could meet to discuss collaboration between our newly sovereign progressive states. Our German comrades would undoubtedly have felt deflated, and returned home depressed, thinking that they would have to face the German establishment as Germans, not as part of a transnational movement.

If I am right, it does not matter whether the EU is or isn’t reformable, but it does matter that we put forward concrete proposals on what we would do with EU institutions. Not utopian proposals but complete descriptions of what we would do this week, next month, in the next year, under the existing rules and with the existing instruments — how we would reassign the role of the awful European Stability Mechanism, reorient the ECB’s quantitative easing, and finance immediately, and without new taxes, a green transition and campaign against poverty.

Why such a detailed agenda? To show voters that there is an alternative, even within the rules designed by the establishment to further the interests of the top 1%. No one expects the EU institutions to adopt our proposals, least of all us. All we want is for voters to see what could be done, instead of what is being done, so that they can see through the establishment without turning to the xenophobic right. This is the only way the left can escape its confines and build abroad progressive coalition.

Towards a democratic constitution

DiEM25’s New Deal for Europe aims at this; it shows how the lives of the majority of people can be improved in the short run under existing rules and with the current institutions. And it maps out the transformation of these institutions while charting a constitutional assembly process that will, in the longer run, lead to a democratic European constitution to replace all existing treaties. And it demonstrates how the new mechanisms we will be introducing from Day 1 can help us pick up the pieces if, despite our best efforts, the EU disintegrates.

Everyone talks about the importance of the green transition. What they do not say is where the money will come from and who will plan it. Our answer is clear: Europe needs to invest €2 trillion between 2019 and 2023 in green technologies, energy etc. We propose that the EIB issues an additional volume of its bonds, €500bn annually for four years, and that the ECB announces that, if their value drops, it will purchase these on the secondary bond market. With that announcement, and the glut of savings around the world, the ECB will not have to spend a single euro, as the EIB bonds will sell out. A new European Green Transition Agency, modelled on the Marshall Plan’s Organisation for European Economic Cooperation (the OECD’s precursor), will channel those funds to green projects across the continent.

This proposal requires no new taxes, builds on an existing European bond and is fully legal under existing rules. The same applies to our other proposals, such as our Anti-Poverty Fund: we propose that the billions of profits of the European System of Central Banks (from assets purchased under the ECB’s quantitative easing or from the Target2 payment system) be used to provide every European under the poverty line with food, shelter and energy security.

Another example is our plan to restructure the eurozone’s public debt: the ECB mediates between states and money markets to reduce their total debt burden, but without printing money or making Germany pay for, or guarantee, the public debt of the more indebted countries.

As these demonstrate, our New Deal combines technically competent plans, implementable under the EU’s existing framework, with a radical departure from austerity and the troika’s bailout logic. And it goes further by tabling new institutions that prepare for a post-capitalist European future.

A plan for post-capitalism proposes to partly socialise capital and the returns from automation: big business corporations’ right to operate in the EU will be conditional on transferring a percentage of their shares to a new European Equity Fund. The dividends from these will then fund a Universal Basic Dividend (UBD) to be paid to each European citizen independently of other welfare payments or unemployment insurance.

Our proposals for reforming the euro are another radical change. Before getting bogged down in changing the charter of the ECB, we plan to create a public digital-payments platform in every eurozone country. Using their national tax office’s existing digital platform, taxpayers would have the opportunity to purchase digital tax credits, which they can use to pay one another or to pay future taxes at a substantial discount. These credits would be denominated in euros but transferable only between taxpayers within a single country, so would be impervious to sudden capital flight.

Governments would be able to create a limited number of these fiscal euros, to be given to citizens in need or used for the funding of public projects; fiscal euros would allow stressed governments to stimulate demand, lessen the tax burden, and ultimately reduce the crushing power of the ECB and costs of exiting the euro (or of the euro’s disintegration). In the long term, public digital-payment platforms would form a managed system of country-specific euros that work like an International Clearing Union, a modern version of John Maynard Keynes’s 1944 vision for the Bretton Woods system, which sadly failed to materialise.

Our New Deal for Europe is a comprehensive plan for smartly re-deploying existing institutions in the interests of the majority, planning for a radical, post-capitalist green future, and preparing to pick up the pieces if the EU collapses.

A European Spring is possible

The left’s great foes are disunity and incoherence. Unity is crucial, but it should not be pursued at the expense of coherence. Consider the state of the European Left party: how can it appeal to voters this May when it is represented in Greece by a party that, in government, implements the harshest austerity in the history of capitalism on behalf of the troika, while many of its leading lights in countries like France and Germany are eurosceptic?

Well-meaning leftwing friends ask, ‘Why doesn’t DiEM25 join up with Jean-Luc Mélenchon’s La France Insoumise or Sahra Wagenknecht and Oskar Lafontaine’s Aufstehen movement in Germany? How can the left make a difference if you fail to unite?’ The reason is simple: our duty is to create unity on a foundation of radical, rational and internationalist humanism. This means a common agenda for all Europeans and a radical policy of an Open Europe that recognises borders as scars on the planet and newcomers as welcome. Nothing less will do.

Our bid for unity was based on a simple idea: DiEM25 invited all progressives to participate in the joint authorship of our New Deal for Europe on the basis of radical, humanist Europeanism. Our call was answered. Génération-s (France), Razem (Poland), Alternativet (Denmark), DemA (Italy), MeRA25 (Greece), Demokratie in Europa (Germany), Der Wandel (Austria), Actua (Spain), Livre (Portugal) joined in. More movements are joining now. Together we have formed the European Spring coalition that will run in May in the European Parliament election to push for our project.

Our message to Europe’s authoritarian establishment: we will resist you through a radical programme that is technically more sophisticated than yours. Our message to the fascistic xenophobes: we will fight you everywhere. Our message to our comrades of the European left: you can expect unlimited solidarity from us, and one day our paths will converge in the service of a radical, transnational humanism.

Yanis Varoufakis

Yanis Varoufakis is an economist and former Greek finance minister (January-July 2015). He is the founder of the Democracy in Europe Movement 2025 (DiEM25).

Click here for the French version on the site of Le Monde Diplomatique. And here for their English site.

Radio France – L’Interview éco, 18 FEV 2019

Published by Anonymous (not verified) on Wed, 20/02/2019 - 3:09am in

Yanis Varoufakis est en campagne. L’ancien ministre grec des Finances, chantre de la lutte contre l’austérité, va se présenter aux élections européennes, en Allemagne. De passage en France, il est l’invité de “L’Interview éco”, lundi 18 février.

Depuis quelques mois, après des années de crise, l’économie grecque retrouve des couleurs. La croissance est de retour. Le chômage recule. Le pays peut à nouveau se financer sur les marchés. Pourtant, pour Yanis Varoufakis, cette reprise est un leurre. Il évoque même “un univers alternatif où chaque grand mensonge est construit sur de petites vérités. Pourquoi le chômage a-t-il baissé ? Parce que nous avons perdu 700 000 jeunes très qualifiés. Ils ont émigré. C’est pour ça que le chômage a baissé ! La Grèce est transformée en désert. Et ils appellent ça la paix ou la réussite !”

L’économiste juge l’Europe “déconstruite” et critique “l’establishment qui célèbre son triomphe”. “Lorsqu’il y a un tel clash entre la réalité et la propagande, c’est que le problème est grave”, conclut l’ancien ministre.

Il faut un parti modéré, mais significatif en France et en Europe (…) pour résoudre le problème avec les banques, fonder un programme anti-pauvreté.

Yanis Varoufakis

à franceinfo

Pourquoi se présenter aux élections européennes en Allemagne, pays dont il a pourfendu la politique économique ? “Si vous voulez transformer l’empire romain, il faut commencer par Rome. Quand vous voulez lutter contre l’austérité et le néofascisme – le parti Alternativ für Deutschland – il faut commencer au cœur de l’Allemagne. Il faut commencer par Berlin”.

En France, Benoît Hamon, fondateur du parti Generation.s veut faire de Yanis Varoufakis le leader de la gauche européenne. Le Grec le sera-t-il ? “J’espère, répond l’ancien ministre des finances. Les gens sont là, le mouvement est là. Quel que soit mon capital, je veux le mettre au service de ce mouvement”.

Yanis Varoufakis rêve d’un “parti modéré, mais significatif en France et en Europe”, pour préparer “ce qui doit se produire demain, fonder un new deal vert et résoudre le problème avec les banques, fonder un programme anti-pauvreté”.

Progressistes et écologistes ensembles pour un “new deal vert”

En France, les “gilets jaunes” rejettent les politiques de droite comme de gauche. La gauche ne peut pas incarner l’avenir dans ces conditions pour Yanis Varoufakis, car “la gauche a échoué”. Mais il ajoute : “Ensemble, les progressistes, les écologistes (…) si on est autour de la table et qu’on se met d’accord sur un programme commun, ça sera la solution. Les ‘gilets jaunes’ sont les enfants de l’austérité de ces dernières décennies. Ils se conduisent mal, ils peuvent être graves, mais nous cueillons ce qui a été semé pendant des dizaines d’années par les libéraux.”

Yanis Varoufakis : “‘Les gilets jaunes’ sont les enfants de l’austérité des dernières décennies”